Les Ecoles Juives

Les premières communautés juives au Moyen-Orient à avoir développé une éducation moderne pour leurs enfants ont été celles d'Égypte et de Turquie (1). En Égypte, parmi les différentes communautés religieuses, la fréquentation scolaire des enfants de la communauté juive est une des plus élevées. Hormis les communautés étrangères, c'est bien dans la communauté juive qu'on trouve le taux d'alphabétisation le plus élevé.

Les tableaux ci-dessous donnent une image ponctuelle, selon les chiffres basés sur le recensement de la population en 1907 (2).

Communautés Population Sachant Lire Illetrés
Hommes Femmes Hommes Femmes
Musulmans 10 629 445 402 090 10 579 4 743 024 5 113 752
Coptes 706 332 67 256 5 765 289 541 343 760
Juifs 38 635 11 024 5 910 8 706 12 995
Autres 175 576 68 299 38 399 26 700 42 178

Soit en pourcentage
Communautés Sachant Lire
(pour 1000 habitants)
Illetrés
(pour 1000 habitants)
Hommes

Femmes

Pourcentage Hommes

Femmes

Pourcentage
Musulmans 78 2 4% 922 998 96,0%
Coptes 188 16 10,3% 812 984 89,7%
Juifs 559 313 43,8% 441 687 56,2%
Autres 719 477 60,8% 281 523 39,2%

LES DÉBUTS.

 Les premiers enseignements se faisaient dans de petits kouttabs (ou Héders) dirigés par des rabbins, où les enfants recevaient une instruction plutôt religieuse. A maintes reprises, on avait essayé de créer des écoles juives pour les enfants de la petite bourgeoisie. La plus ancienne de ces tentatives est peut-être celle de Crémieux en 1840. « Quand j'étais au Caire, » raconte-t-il, « je m'informai de la manière dont on élevait les enfants. Aux garçons on apprenait à lire l'hébreu, à le chanter. Je ne vis point d'école de filles. Un certain nombre de filles appartenant à des familles riches, étaient confiées à des femmes qui les surveillaient sans leur rien apprendre. Ces enfants passaient la plus grande partie du jour dans une grande salle, po­sées sur des coussins qui étaient placés sur un vaste tapis. Elles s'y étendaient quand elles étaient fatiguées d'être assises. Jugez de ce que ces filles ainsi élevées devaient être dans leurs maisons quand elles devenaient épouses et mères. »  

 Malheureusement, les écoles qui furent alors fondées par Crémieux n'eurent qu'une durée éphémère de deux ans au Caire comme à Alexandrie (3). Au Caire en 1860 la communauté ouvre pour les garçons les Écoles Gratuites de la Communauté appelées aussi «Talmud Thora».

En 1847 les Frères des écoles chrétiennes ouvrent à Alexandrie, pour les enfants du peuple, une petite école qui reçoit aussitôt 120 élèves. L'année suivante, exactement en juillet 1848, sur la demande insistante des familles bourgeoises de la ville, ils fondent leur premier collège payant qui, six ans plus tard, compte déjà 400 élèves avec beaucoup d'enfants de familles juives (4). En 1854, les Frères inaugurent au Caire, à Khoronfish (5), quartier alors riche et central devenu par la suite un quartier populaire et populeux, leur premier collège de la capitale. En 1928 au Caire, les Frères des écoles chrétiennes ne comptent pas moins de 9000 élèves, répartis entre 30 écoles et collèges avec 220 classes ; sur ce nombre, un peu plus de 6000 payent, les autres sont à la charge de l'Institut. À Alexandrie les Frères possèdent 11 établissements, 3155 élèves. Sur ce total, seuls 147 enfants sont de nationalité française (6). Une partie non négligeable de ces effectifs vient de la communauté juive. C'est de cette époque qu'une partie de la bourgeoisie juive préférera envoyer ses enfants dans les écoles congréganistes qui ont fait leurs preuves malgré le risque de voir leurs enfants se déjudaïser ou même quelquefois se convertir.

En 1854, la communauté juive d'Alexandrie, après s'être dotée de statuts (7), fonde sous la présidence de Joseph Suarès le «Talmud Thora» dans de nouveaux bâtiments, premier établissement scolaire pour garçons, dans un quartier où la population juive est très dense. Au début nous voyons apparaître deux établissements, l'un payant, l'autre gratuit. Mais dès l'année suivante, ces deux établissements fusionnent en un seul (8). En mai 1857 le «Talmud Thora» compte 78 élèves. En 1862 le premier établissement scolaire de filles est fondé. En 1865 Behor et Isaac Aghion constituent en propriétés inaliénables un certain nombre de maisons, dont les revenus sont destinés aux œuvres scolaires de la communauté. Isaac Aghion fait en outre un legs de 20 000 francs dont les revenus doivent servir à l'habillement des élèves pauvres. Le «Talmud Thora» prend le nom d'École Aghion (9)

En 1883 et 1884 à Alexandrie, 801 enfants fréquentent les écoles chrétiennes (10), soit environ 40 % des enfants juifs d'âge scolaire ; 497 enfants, soit 25 %, fréquentent une école juive, et environ 35 % d'enfants juifs d'âge scolaire ne fréquentent aucune école. Il est intéressant de noter que dans ces années-là la majorité des jeunes filles juives à Alexandrie fréquentent une institution chrétienne alors que les garçons se retrouvent majoritairement dans des écoles juives ou laïques. Notons pour ces années-là (1883 - 1884) :

o   453 garçons juifs et 44 filles fréquentent 10 écoles juives

o   97 garçons juifs et 289 filles fréquentent huit écoles chrétiennes

o   231 garçons juifs et 184 filles fréquentent 14 établissements chrétiens non religieux.

Voici une image de la scolarisation des enfants juifs entre 1907 et 1946 (11) :

Années Garçons Filles Dans les écoles juives % d'élèves dans les écoles
étrangères
Garçons Filles
1907/1908 4000 3194 906 504 80.3%
1912/1913 4523 3815 1154 744 77.2%
1924/1925 7461 6230 4097 3119 47.3%
1930/1931 7928 6621 4542 3969 41.5%
1936/1937 7635 6657 4474 3960 41.0%
1945/1946 6733 5374 2883 2056 59.2%

  En 1895 au Caire, un certain nombre de pères de famille, préoccupés par l'alternative, soit d'envoyer leurs enfants dans les écoles congréganistes, où ils sont astreints au paiement d'un écolage très élevé, soit de les placer dans les écoles gratuites de la Communauté, dont 1'organisation laisse à désirer, s'adressent alors à 1'Alliance Israélite Universelle (12) qui accepte de fonder dans cette ville une école juive analogue à celle qu'elle entretient dans les autres pays d'Afrique et d'Orient.

L'École de l'Alliance Israélite Universelle du Caire ouvre le 2 février 1896 dans un modeste local, avec 70 élèves, tous payants. A la rentrée d'octobre de la même année, 200 élèves se pressent dans les classes devenues trop exigües et 50 autres sont refusés faute de place. On doit se préoccuper aussitôt de l'achat d'un local plus spacieux pour installer une école de garçons et une école de filles. C'est la première institution juive qui s'adresse aux classes moyennes de la population juive, étant payante et sérieuse, alors que jusque-là ces enfants fréquentaient les écoles congréganistes ou laïques.

On ne tarde pas à trouver un vaste immeuble répondant entièrement aux besoins de la situation. Située au centre du quartier juif, où se recrutent la plupart des élèves, la propriété acquise par l'Alliance en 1897 ne compte pas moins de 4530 mètres carrés de constructions comprenant un rez-de-chaussée et un étage. Elle peut loger sans peine, dans des conditions hygiéniques, un millier d'élèves. Le prix d'achat, augmenté des frais d'aménagement s'est élevé à près de L.Eg. 10.000, Dès la mise en service, le nombre d'élèves est passé à 360, dont 100 filles à la fin de 1897. Dès l'année suivante est créée une école séparée pour les filles. Voici quelques extraits du rapport de Sir Philip Magnès, chargé au début de 1898 par le conseil de l'Anglo-Jewish Association d'inspecter les écoles du Caire : « L'École occupe un immense local dans la rue Gameh El Banat. Elle contient 270 garçons et 110 filles. Quoique récemment ouverte, l'école est, pour les avantages de l'instruction qu'elle donne, très appréciée par la classe moyenne des juifs du Caire. Ceux-ci sont fort dési­reux de donner, moyennant quelques sacrifices, une instruction solide à leurs en­fants. L'école reçoit peu ou point de secours des juifs riches. Ils n'y envoient pas leurs enfants et ne contribuent pas à son entretien. L'écolage varie suivant les moyens des parents : quelques-uns payent jus­qu'à 25 francs par mois, un certain nombre sont admis gratuitement. La grande majorité des élèves sont sépharades, mais il y a aussi beaucoup d'ashkénazes et le nombre de ces derniers va en augmentant. J'ai appris avec beaucoup d'intérêt qu'il y a au Caire une Communauté de 50 familles Caraïtes et que 15 de leurs enfants fréquentent l'école de l'Alliance. Les élèves appartiennent principa­lement à la classe des artisans, des petits commerçants, des employés de commerce. Ils sont de différentes nationalités : j'y ai rencontré, en dehors de ce qu'on appelle des Égyptiens indigènes, des Grecs, des Turcs, des Syriens, quelques Allemands, etc. ». Avec l'amélioration de la situation de la Communauté, l'Alliance Israélite cède deux des écoles qu'elle détient en 1912, et le reste en 1919 date à laquelle l'Alliance Israélite Universelle n'a plus en Égypte que les deux écoles de Tantah.

Fréquentation des écoles de l'Alliance Israélite Universelle (13) :

Année

1895/1896 1899/1900 1896/1897 1902/1903 1909/1910 1912/1913
École de l’Abbassieh cédée.

Effectifs

60 200 320 587 466 318

 

NOTES

 (1)    Hayyim  J. Cohen, The Jews of the Middle East 1840-1972, Keter Publishing House Jerusalem, Ltd. Jérusalem 1973, p.108.
(2)    Jacob Landau, Jews in Nineteen-century Egypt, New York 1969, University of London Press, Ltd, p. 71.
(3)    Idem, p.73.
(4)    Union des Professeurs Français d'Égypte, ANNUAIRE de l'Enseignement Français en Égypte, Le Caire 1929, p. 18-19.
(5)    Idem, p. 19.
(6)    Idem, p. 19.
(7)    Revue Israélite d'Égypte, 5me année, numéro 21, 15-25 novembre 1916, p.193-196.
(8)    Jacob M. Landau, op. cité, p.74
(9)    Bension Taragan, Les Communautés Israélite d'Alexandrie, les éditions juives, Alexandrie 1932, p.87.
(10)  Hayyim J. Cohen, op. cité, p. 109.
(11)  Hayyim J. Cohen, op. cité, p. 109.
(12)  Jacob M. Landau, op. cité, p. 85-86.
(13)  Jacob M. Landau, op. cité, p. 87.


Situation au Caire

ÉCOLES DE LA COMMUNAUTÉ

 

Comme nous l'avons vu, les premières écoles juives du Caire sont fondées par la communauté. De façon statutaire (statut de 1920) ces écoles appartiennent à la communauté et sont administrées par un conseil nommé : Comité des Écoles. Ce comité, composé de 12 membres, a tout pouvoir pour administrer les écoles. C'est lui qui nomme les directeurs et le personnel enseignant, fixe les traitements de toutes les personnes travaillant dans ces écoles, décide du choix des élèves payants ou gratuits. Il fixe le programme d'enseignement et peut décider par exemple d'ouvrir de nouvelles classes, ou même de créer de nouvelles écoles. Le comité des écoles soumet au conseil de la communauté, pour approbation, ses prévisions de dépenses pour l'année scolaire à venir et rend compte de la tenue du budget de l'année précédente. Le budget de ces écoles provient de l'allocation allouée par la communauté et de donations privées (14).

 1933-ecole-cattaoui-pacha_112_77_80École Moïse de Cattaoui (14).

Jusqu'en 1902 la Communauté Israélite administre l'école de garçons « Talmud Thora » appelé aussi école Moïse de Cattaoui. Dans un rapport de l'Alliance Israélite Universelle daté de 1897, la description de cette école n'est pas très élogieuse. Voici quelques extraits : « l'école compte à peu près 190 élèves. Elle est dirigée par M. Benoît, un catholique. ....... Un certain Negri, neveu de M. Cattaoui, dénué d'intelligence, pour ne pas dire plus, que son oncle a placé à l'école pour ne pas l'avoir à sa charge. Il y a enfin deux rabbins, dont M. Antibi et un professeur d'arabe. Lorsque je suis arrivé à l'école, le directeur était en train d'interroger les élèves sur les sous-préfectures de la France et les enfants savent à peine le français...... »

En 1920 l'école se déplace dans un immeuble, don de Moïse de Cattaoui pour loger cette école qui porte son nom. C'est à partir de là que le niveau scolaire s'améliore considérablement.

Cette école est payante.

1924-ecole-marie-suares_112_72_80École Marie Suarès (14).

C'est en 1921 que Félix Suarès offre à son tour un immeuble analogue à celui de Cattaoui pour loger une école de filles.

Cette école est payante.

1927-abbassiehx700_112_80_80École de l'Abbassieh (Écoles de la Bienfaisance) (14).

L'année 1902 voit la création du groupe scolaire de l'Abbassieh (Écoles Gratuites de la Communauté Israélite). Cet établissement a été cédé par l'alliance, depuis 1912, à la Communauté qui en a désormais assumé la charge. Cette école appelée aussi École de la Bienfaisance comprend une section pour garçons et une section pour filles. En 1925 elle assure l'instruction primaire à environ 2500 élèves.

o   La section française prépare au certificat d'études primaires français.

o   La section égyptienne prépare au certificat d'études primaires égyptien, selon les programmes du gouvernement.

o   La section supérieure mixte de 13 à 16 ans prépare au brevet élémentaire et au brevet d'enseignement primaire supérieur français.

Les diplômes ont un caractère rigoureusement officiel. Ils sont décernés est reconnus par les autorités compétentes des gouvernements égyptiens et français. Les langues enseignées sont les suivantes :

o   la langue française, langue de culture et d'examen.

o   La langue arabe, première langue d'examen.

o   La langue hébraïque, langue religieuse et traditionnelle.

o   Les langues italienne et anglaise obligatoires.

Cette école est gratuite.

En 1927 une souscription est ouverte sur l'initiative du président de la communauté israélite du Caire, Joseph Cattaoui, pour réunir un fonds destiné à subvenir aux frais de construction d'un bâtiment pouvant loger environ 1500 élèves. Cet immeuble magnifique, situé à  Abbassieh, a fait l'admiration de tous ceux qui l'ont visité. Le programme d'enseignement a suivi différentes directives depuis l'ouverture pour aboutir à l'enseignement en langue française comme langue fondamentale de l'enseignement.

Fréquentation des Écoles de la Communauté (15).

Année

1927

1928

1929

1930

1931

1932

 1933

Nombre

1796

1833

2070

2240

2078

2035

2248

 Les élèves diplômés des écoles de la communauté peuvent poursuivre leurs études secondaires suivant le diplôme obtenu au :

o  Lycée de la mission laïque française ou tout autre établissement religieux d'études secondaires (chrétien, comme le collège de la Sainte-Famille préparant au baccalauréat français ou égyptien) en vue de l'obtention du baccalauréat français.

o  Collège Français en vue de l'obtention du baccalauréat égyptien.

o  Pour ceux qui souhaitent un apprentissage court (pour les moins doués) ils peuvent poursuivre à l'Oeuvre Israélite d'Apprentissage : «Salomon Cicurel».

Le Caire ne possède pas, comme à Alexandrie, d'établissement d'études secondaires juif conduisant au baccalauréat. Rappelons aussi que le lycée de la Mission Laïque Française n'a été ouvert au Caire qu'en 1910, installé dans le palais Mazloum Pacha et se trouvant à l'étroit dès 1914 avec 420 élèves dont une bonne moitié sont juifs ; il ne sera transféré qu'en 1928 rue El Houaïaty où il reçoit 1500 élèves en 1929.

1933-la-goutte-de-lait_112_80_80L'OEUVRE DE LA GOUTTE DE LAIT.

L'Oeuvre de la Goutte de Lait est le résultat d'une idée généreuse de M. Isaac Benaroio (16) qui consiste à fournir aux élèves des écoles communales un petit déjeuner. Il a été le fondateur et le mécène de ce service qui a commencé à fonctionner en novembre 1915. Vers la fin de la première guerre mondiale, en 1917, il décide de compléter cette oeuvre par la fondation d'un orphelinat. Le dernier pas qui reste à faire est de construire un local pour accueillir cette fondation, ce qui est réalisé en 1921. Dans ce local, deux classes de fin d'études sont ajoutées pour permettre aux enfants de compléter le cycle d'études primaires. En 1926 viennent s'ajouter des classes professionnelles. C'est dans ces classes professionnelles que sont groupés les garçons et les filles n'ayant pas d'aptitude pour les études et où ils reçoivent une éducation professionnelle qui leur permet d'aborder la vie active.

ÉCOLES GREEN.

Les Écoles Green (17) ont été fondées en 1924 par Messieurs Jacques, Ralph et Mme Esther Green dans le quartier du Mousky. En 1943 l'école, dirigée par M. Saad Melki célèbre journaliste, dispense l'enseignement primaire à 440 élèves qui reçoivent un enseignement élémentaire suffisant pour leur permettre d'affronter avec succès les besoins de tous les jours.

ÉCOLE JABES

Fondée en septembre 1934 par Mme Rachel Jabès (17), cette école est située dans un petit local à Abdin. En 1937 l'effectif est de 280 élèves, en 1938 il passe à 350. Cet accroissement est dû aux résultats brillants qu'obtiennent les élèves au brevet élémentaire. Ajoutons que 20 % des élèves sont de confession musulmane. Cette école est située Rue Mansour (Bab el Louk) et l'annexe à Kasr el Doubara.

PETIT LYCEE DE SAKAKINI.

Fondée en 1936 par M. Félix Samama (17) cette école occupe un vaste local à la rue Ibn Khaldoun. En 1938 elle compte 150 élèves et comprend trois sections : maternelle, primaire et secondaire (classe de certificat d'études). Elle assure aussi un cours spécial de sténodactylo pour jeunes filles et un cours du soir d'études commerciales pour jeunes gens.

1936-abraham-btesh-batiment_112_80_80ÉCOLE ABRAHAM BTESH

Fondée en 1923 à Héliopolis (18), elle assure, en 1938, l'instruction à 556 élèves. C'est une école primaire et secondaire qui conduit au brevet élémentaire.

ÉCOLE D'APPRENTISSAGE « SALOMON CICUREL ».

Cette école d'apprentissage (19), fondée en 1920 grâce à un legs de L.E.2000 de Salomon Cicurel, peut recevoir en permanence jusqu'à 40 élèves artisans par an. Elle est dirigée par Salvator Cicurel. Cette école conduit à toutes sortes de métiers, elle forme des chemisiers, des cordonniers, des chauffeurs, des mécaniciens, des électriciens, des ferblantiers, des graveurs, des horlogers sertisseurs, des typographes, des tailleurs et même des artistes peintres. Pour y entrer, il faut être âgé de 13 ans, être de confession juive et avoir un certificat d'études primaires. L'apprenti reçoit une prime mensuelle fixée par le surveillant et une réserve est également constituée à son profit pour lui être remise à la fin de son apprentissage. Cette réserve doit servir à son installation.

NOTES

(14)    Maurice Fargeon, Les Juifs en Égypte, imprimerie Paul Barbey, Le Caire 1938, p.213-215.
(15)    Rapport du Comité et compte pour l'année 1933, École de la Communauté Israélite du Caire, Le Caire 1933, (Archives AIU).
(16)    Maurice Fargeon, op. cité, p. 219.
(17)    Idem, p. 221.
(18)    Idem, p. 222.
(19)    Idem, p. 223


Situation à Alexandrie

ÉCOLES DE LA COMMUNAUTÉ (20).

École de garçons : École Aghion (Talmud Thora). 3, rue Nébi Daniel. Directeur      :  Albert Ezran.

École de filles       : École Chadaï-Yaazor.                 3, rue Nébi Daniel. Directrice  : Mlle Louise Behar.

École enfantine    : L'Asile.                                      3, rue Nébi Daniel. Directrice     : Mlle Louise Behar.

Dans le même temps où la Communauté d'Alexandrie se dote de statuts, les administrateurs sous la présidence de Joseph Suarès mettent en place un début d'organisation scolaire.

Le «Talmud Thora», premier établissement scolaire de la communauté, se construit sur des terrains appartenant à la communauté à Chatby, en 1854, non loin du quartier de la Douane.

En 1862 le premier établissement scolaire de filles est fondé. En 1865 Behor et Isaac Aghion constituent en propriétés inaliénables un certain nombre de maisons. Les revenus de celles-ci étant destinés aux oeuvres scolaires de la communauté. Isaac Aghion fait en outre un legs de 20 000 francs dont les revenus doivent servir à l'habillement des élèves pauvres. Le «Talmud Thora» prend le nom d'École Aghion.

En 1892 sous l'impulsion de Jacques de Menasce et de Mme Kahla Lévy l'école de filles «Chadaï-Yaazor» est créée. Au début de son fonctionnement, l'atelier de couture fait partie intégrante de l'école, ce n'est que plus tard que cet atelier devient un organisme indépendant. En 1940, la communauté fonde une école primaire : «L'Asile» qui comprend 12 classes, dont 5 maternelles.

Tous ces établissements sont ensuite regroupés dans un énorme bâtiment qui se trouve derrière la synagogue Éliahou Hanabi, 3, rue Nébi Daniel, construit pour suffire à abriter toute la population enfantine de la ville, et inauguré en 1907. C'est un véritable palais scolaire dont la partie principale est composée d'un rez-de-chaussée et de trois étages. Ceux-ci sont occupés respectivement par l'École Maternelle, l'École des Filles et l'École des Garçons. Ils comprennent, chacun, onze grandes salles de classe et un bureau, disposés symétriquement, de part et d'autre d'un large et long corridor qui mène à l'aile méridionale du bâtiment où l'on trouve, répondant aux meilleures conditions hygiéniques, les lieux d'aisances, les lavabos et les fontaines. Quant au rez-de-chaussée, il présente principalement deux vastes pièces, l'une sert d'atelier de coupe et de couture et l'autre constitue le réfectoire où plus de 1400 enfants prennent successivement leur repas de midi. A l'ouest, au nord et à l'est de l'édifice s'étendent deux vastes cours plantées de plusieurs rangées d'arbres au feuillage touffu et toujours verdoyant. C'est là que les centaines d'élèves se récréent, prennent leurs ébats ou font leurs exercices de gymnastique à l'ombre des arbres ou à l'abri du grand préau qui occupe l'angle sud-ouest du local. L'école a fait le miracle de créer cette concorde et cette harmonie si nécessaires au développement des enfants. C'est là qu'on loge l'école Talmud Torah, l'école Chadai Yaazor, l'Asile Enfantin et l'École de Couture.

« L'Asile » enfantin étant institué pour les classes peu aisées de la Com­munauté, son rôle ne se limite pas seulement à l'instruction des enfants. Une surveillance est exercée pour les soins de la propreté et toutes les institutrices s'y dévouent maternellement ; en plus, une surveillante est dé­diée à cet effet. La santé de l'enfant est aussi surveillée. Une salle d'in­firmerie a été instituée, où une infirmière soigne tous les enfants pour toute maladie passagère. Le médecin vient une fois par semaine examiner les enfants, prescrit la cure et le régime. Les médicaments sont fournis par la pharmacie de la Communauté.

Cet ensemble représente 2500 élèves et peut conduire jusqu'au brevet élémentaire. La société de bienfaisance «Amelé Thora» assure les repas à la cantine le midi à tous les élèves de l'école.

Près du temple Zaradel la Communauté ouvre en 1911 une école, École Etz Haïm, qui a pour objectif de pallier les besoins des familles du quartier. Cet établissement reçoit un contingent de 150 élèves, tous garçons. C'est une école tout à fait préparatoire, dès que ces enfants apprennent à lire et à écrire, ils passent à l'école « Talmud Thora ».

ÉCOLES GRATUITES ISRAÉLITES DES ARTS ET MÉTIERS (21).

3, rue Nébi Daniel.

Fondées le 2 Février 1897 ces Écoles ont pour but de développer parmi la jeunesse juive en échec scolaire le goût du travail manuel, pour lui assurer un métier. L'Oeuvre adopte le système des Ateliers pour les métiers qu'elle veut encourager, et crée ainsi un atelier de tailleurs, un autre de cordonnerie et un troisième de menuiserie.

Ces ateliers ne rencontrent pas un grand succès et coûtent très cher. Le Comité des Écoles Gratuites Israélites d'Arts et Métiers décide alors de conserver les cours techniques de calcul et de dessin, l'hébreu et l'instruction religieuse à l'école et pour la pratique le place­ment des apprentis en ville, chez des patrons habiles et occupés. Le Comité, pour encourager les apprentis et assurer leur bon re­crutement, leur alloue un salaire mensuel auquel ils ont droit dès le premier jour de leur entrée à l'École.

En 1932 l'école forme  152 ouvriers dans les métiers suivants :

Imprimeurs 45, Tailleurs 23, Mécaniciens 21, Électriciens 17, Cordonniers 13, Bijoutiers 7, Relieurs 7, Tapissiers 5,  Menuisiers 3, Décorateurs 3,  Forgerons 2,  Brodeurs 2,  Marbriers 2,  Accordeur piano 1,  Graveur 1.

Ces jeunes ouvriers sont l'objet d'une vigilance constante, tant à l'atelier qu'à l'École où ils viennent suivre les cours. Tous prennent le repas de midi à l'École et reçoivent deux fois par an un habillement complet et une paire de chaussures.

Comité des Écoles Gratuites Israélites d'Arts et Métiers : MM. Benvenuto Campos, Président ; Jacques Aghion, Vice-Président ; Edouard Aghion, Trésorier ; Joseph Campos,  Secrétaire Général ; Albert Ezran, Secrétaire Adjoint ; Abramino Ben Lassin, James Barda, Moïse Hazan, Dr. Is. Levy, Emile Mosseri, Marco Nadler, Maurice Piba, Joseph Tuby, Conseillers.

MM. Alfred Tilche, Raphaël Toriel, Edwin Goar, Délégués de la Communauté Israélite.

ÉCOLES FONDATION DE MENASCE (22).

C'est grâce aux dons du Baron Yacoub de Menasce, constitués d'un terrain vague qui se trouve près de son hôtel, des rentes d'un immeuble situé dans le quartier du Mousky et des rentes du Temple Menasce, mais aussi grâce a l'expérience en la matière de M. Joseph Aghion, char­gé de la direction des travaux, que la cons­truction de l'immeuble devant abriter l'école est menée à bien. L'école est inaugurée en 1885 alors que le baron est décédé une année plus tôt. Son fils Béhor de Me­nasce, se hâte d'exaucer les vœux de son père, il charge Messieurs Youssef et Ya­coub Tilche, Salomon Salama et Salomon Barda de la première installation comme administrateurs. La di­rection de l'établissement est confiée à M. Léon, professeur de l'Allian­ce Israélite Universelle, et l'école commence son œuvre avec 100 élèves.

Le programme est d'abord celui des écoles primaires jusqu'en 1907, date à laquelle « Le Palais Scolaire » de la Communauté ouvre ses portes. Puis progressivement des classes supérieures, puis se­condaires, s'ouvrent. Les élèves peuvent préparer la 1ère partie du baccalauréat français (Sciences, langues vivantes) et des études commerciales. C'est à partir de décembre 1906 que M. Élie Antébi, nommé Grand Rabbin du Sé­minaire Israélite de Paris prend la direction de l'école Il ne quittera plus la direction des Écoles de Ménasce jusqu'à son décès en 1941. Il est remplacé par son fils Maître Armand Antébi jusqu'en 1948 date du départ de ce dernier en France.

Il reste toute sa vie fidèle à l'Alliance Israélite Universelle. Le 15 mai 1919, M. Antébi obtient du Ministère de l'Instruction publique de France que l'hébreu puisse être considéré comme langue vivante complémentaire pour les examens du baccalauréat.

L'école fournit elle-même le repas de midi à 80 élèves environ et distribue des vêtements aux plus nécessiteux en hiver et en été. La Société « La Goutte de lait » four­nit le pain et le lait pour le petit déjeuner du matin à 80 élèves. En dehors des revenus du Temple Me­nasce aucune autre société ne subvention­ne l'école ou contribue à ses frais. Elle se situe 2, rue du Musée.

ÉCOLES DE L'ALLIANCE ISRAÉLITE UNIVERSELLE (23).

En 1895 tout comme au Caire, les familles juives de la petite bourgeoisie se plaignent auprès de l'Alliance Israélite Universelle d'être obligées d'envoyer leurs enfants aux écoles congréganistes, regrettant que l'école de la Communauté Israélite et l'école Fondation de Menasce ne puissent accueillir que 300 à 400 élèves. En octobre 1897, l'Alliance ouvre deux écoles primaires garçons et filles. Ces écoles rendent de grands services aux familles juives d'Alexandrie jusqu'en juillet 1919, date à laquelle l'Alliance, considérant son œuvre de relèvement intellectuel largement accomplie par la Communauté Israélite, décide de les fermer.

ÉCOLE DELLA PERGOLA (24).

Cette institution scolaire s'appelait à l'origine «École Hatikvah» ; elle a vu le jour en octobre 1919 aussitôt après la fermeture des Écoles de l'Alliance Israélite Universelle. Des familles du quartier juif sous l'instigation de trois négociants en manufactures, MM. Mordechaï Assaraf, Simeon Hassin et Haïm Sibillia, refusant d'envoyer leurs enfants aux écoles congréganistes de la ville, décident la fondation d'une institution scolaire juive où la plus large place du programme est donnée à l'enseignement de l'hébreu.

Confié à l'expérience de Mr. Élie Antébi, Directeur de l'École Menasce, le projet est mis en pratique. Une petite école de 35 élèves ouvre à la Rue Pirona, au siège de l'Organisation Sioniste, sous la direction de M. Ovadia Mehrez, ancien pro­fesseur de l'Alliance. Les études se font en français, en hébreu et en arabe. Le succès obtenu dès la première année, augmentant la demande, oblige les fondateurs à louer un appartement de 6 pièces à la Rue Ras-el-Tin à deux pas du Quartier Juif où deux nouvelles classes sont ouvertes. En 1928 S.E. Ie Grand Rabbin David Prato, en mémoire de son prédécesseur, s'intéresse à l'école et lui donne le nom de «École Della Pergola».

L'École est alors transférée dans un local plus vaste sur la Place Mohamed Aly. Un Comité est formé comprenant les personnalités suivantes : M. David Blattner Bey, Président, M. Maurice Nacamuli, Vice-Président, M. Edmondo Riso Levi, Secrétaire, M. Nissim Algazi, Trésorier, MM, Emilio Levi, Amedeo Battino, Moise Hazan et Eliezer Penias. L'école se situe rue Ibn Sina (Place Mohamed Ali).

LYCEE DE L'UNION JUIVE POUR L'ENSEIGNEMENT (25)

Un incident excessivement grave se produit à Alexandrie, en 1925. Le frère Léonce, professeur en troisième moderne à l'École Sainte Catherine, accuse en classe les juifs, en présence de tous les élèves, de la calomnie du meurtre rituel. À la suite d'une protestation énergique du Conseil de la Communauté, le Frère Absalon, directeur de ce collège, manifeste, par lettre adressée au Conseil de la Communauté, ses vifs regrets en désapprouvant les paroles et l'attitude du dit professeur. Une grande émotion s'empare de tous les Alexandrins libéraux. Un journal local le «Messaggero Egiziano» et des journaux du Caire            « l'Aurore», «Israël» et «L'Egypte Nouvelle» relatent les faits et stigmatisent l'accusation.

C'est à la suite de ce regrettable incident que, sur l'initiative du Baron Alfred de Menasce, la création du Lycée de l'Union Juive est décidée.

Le premier Comité comprend le Baron Alfred de Menasce comme Président ; M. Félix Green, Vice-président ; M. Baroukh Bentata, Trésorier ; M. José Boubli et Marco Nadler, Secrétaires, et MM. Elie Antébi, Gustave Aghion, Benjamin Tuby, Maurice Piha, Dr. Dorra, Dr, Schlesinger, comme Conseillers; grâce aux donations recueillies, le Lycée est fondé. En 1926 Le Lycée de l'Union Juive ouvre à Moharrem Bey et il comprend une école de garçons et une école de filles. Il compte plus de 300 élèves. Son programme est celui des Lycées de France. Commençant par le jardin d'enfants, il se termine par les classes de Philosophie et de Mathématiques élémentaires préparant au Baccalauréat français.

Les directeurs successifs ont été : M. Duviard (1926-1927) (26), M. Élie Antébi (1927-1942), Mme Suarès (1942-1949), M. Émile Namer (1949-1950), M. Meirat (1950-1956). Les Membres du Conseil d'Administration en 1938 sont : MM. Robert J. Rolo, Président ; Jacques Goar, Vice Président ; Roger Aghion, Secrétaire, Jacques Naggar, Trésorier; Albert Hanoka, Trésorier-Adjoint ; Marcel Aghion, José Boubli, René Ismalun, Marco Nadler, Conseillers ; Alfred N. Cohen, Daniel Delbourgo, Albert Daniel. Emilio Levi, Conseillers.

Le Lycée de l'Union Juive pour l'Enseignement a occupé à Moharem Bey un palais superbe de deux étages avec une cour au nord pour la recréation des garçons et une autre au sud pour les filles. Dès l'entrée, le visiteur est saisi par l'aspect monumental de l'escalier qui fait face à la porte, laquelle est surmontée de deux colonnes en marbre rose d'une élégance à la fois sobre et subtile. La salle occupée par la direction était décorée avec beaucoup de goût, ses murs était couverts de dessins arabesques et de motifs artistiques d'une rare beauté.

La population juive de Ramleh devenant de jour en jour plus dense, la direction du Lycée de l'Union Juive décide de fonder à Camp de César une annexe de l'établissement de Moharem Bey. Le 1er septembre 1936 le nouveau lycée ouvre ses portes dans un local spacieux et confortable, à la rue Chédiak entre Camp de César et Ibrahimieh, pour accueillir plus de 200 élèves, garçons et filles, dès la première année. Les études se poursuivent jusqu'au certificat d'études primaires.

C'est en 1940 que l'école de Moharem Bey est transférée 27 rue Valensin Pacha, à Rouchdi Pacha et l'annexe est transférée 212, rue de Thèbes, à  Sporting. En 1943 l'annexe est une fois de plus transférée au 10, rue Fostat à Cléopatra et quelques années plus tard au 11, rue Nocratis à Camp de César.

Mr. Georges Petitot a assumé la direction du Lycée Juif pendant 15 ans et Mme Suarès pendant 5 ans. Ils ont tous les deux préparé avec soin, selon les méthodes pédagogiques les plus modernes, les programmes qui ont permis aux élèves d'obtenir chaque année, aux examens officiels, les plus brillants résultats.

PETIT LYCEE DE MOHAREM BEY ET DE SPORTING (27)

Cette école a été fondée par Monsieur Félix Samama et sa sœur Mademoiselle Gilberte Samama en 1931 à Moharem Bey où elle fonctionnera jusqu'en 1948. L'école possède une section maternelle et une autre primaire. Située d'abord à la rue Manusardi, elle est ensuite transférée au 12 et 14 de la rue Eskandarani. En 1932 elle compte 130 élèves. Par suite de la désertion des fa­milles juives de Moharem Bey et leur éta­blissement à Ramleh, la direction du Petit Lycée décide de fonder, dans cette localité, un autre établissement.

En 1933, Mr. Félix Samama et Mlle Gilberte Samama réalisent leur projet en choisissant la Villa Eynaud à la Rue de Thèbes  au Petit Sporting pour ser­vir de local à leur école. Ayant débuté avec 80 élèves, le Petit Ly­cée de Sporting a tôt fait de voir ses effectifs passer à 150 élèves.

Comme le Petit Lycée de Moharem Bey, celui de Sporting  possède une section ma­ternelle, une autre primaire et les classes secondaires continuent jusqu'en troisième finissant par le Certificat d'Études secondaires. Le français, l'arabe, l'hé­breu et l'anglais y sont enseignés, ainsi que la gymnastique, par une dizaine de professeurs de premier choix.

ÉCOLE GAN YELADIM (28)

1924-Gan-Yeladim-Alex_003_9 Le « Gan Yeladim» de M. Méchulam Taram, école juive privée, a été créé en 1923, petite école maternelle située rue de la Marine (actuellement bahareya) dans le quartier très populeux de la Douane (actuellement El Gomrok). La population juive de ce quartier (Haret el yahoud d'Alexandrie), indigente, était contrainte de laisser les enfants de 3 à 5 ans errer dans les rues jusqu'à ce qu'ils atteignent l'âge d'admission aux écoles communales.
En leur fournissant un abri sûr ,150 élèves recevaient un enseignement préparatoire rationnelle et les premiers rudiments d'hébreu, de français et d'arabe. Le «Gan Yeladim» de M. Méchulam Téram rendait un service précieux à la communauté du quartier.
Cette école a existé jusqu'en 1948.

FOYER DE L'ENFANCE JUIVE

Le Foyer de l'Enfance Juive (29) est fondé en 1932 par Mr. Emmanuel Arias et Mme Régine Arias. Il comporte deux branches : Crèche et Jardin d'enfants. Les élèves, âgés de 1 à 6 ans, reçoivent gratuitement la nourriture, l'habillement et une instruc­tion substantielle. Un service médical et une discipline hygiénique rigoureuse as­surent le développement physique de ces petits dans les meilleures conditions sou­haitables.

ÉCOLE NETZ AH ISRAËL

L'École Enfantine Netzah Israël (29) fondée en1924 pour répondre aux besoins des familles des quartiers de Hamamil (principalement Ashkenazim) et d'Anastassi, est dirigée par un Comité présidé par Mr. Victor Rothenberg.

ÉCOLE HAROUCHE (30)

L'École Mixte Franco-Israélite est fondée en 1915, par M. Isaac Harouche, ancien professeur des écoles de l'Alliance Israélite, à Moharrem-Bey, au moment où ce quartier n'a pas une école juive.

L'Ecole Harouche, en 1932, compte 6 classes et un asile. Elle est subventionnée par la Communauté Israélite, la Béné Bérith, l'Amélé Torah et les gouvernements français et égyptien. Elle admet des élèves à des écolages réduits.

ÉCOLE LA RENAISSANCE, « HATEHIAH » ET ÉCOLE MAÏMONIDE

45, rue Prince Ibrahim.

La Ligue De La Jeunesse Juive Hatehiah fondée dans le milieu des années 1920 à Alexandrie avec à sa tête Mario Lévy et Léon Soussi et son local situé au 1, rue de l'hôpital grec déploie une grande activité culturelle et en particulier dispense des cours de sionisme, de littérature hébraïque, de yiddish, de judéo-espagnol, etc (31).

En 1940 cette association crée dans un local désaffecté appartenant anciennement à l'Alliance Israélite Universelle et située au 45, rue du Prince Ibrahim une école primaire. Cette école prend le nom d'école «La Renaissance». Elle atteint rapidement un effectif de 50 élèves.

Lorsque le Grand Rabbin Moïse Ventura décide de fonder une école secondaire qui prépare au baccalauréat franco-arabe en concordance avec les programmes du Ministère égyptien de l'enseignement mais où la langue hébraïque est largement dispensée, il s'adresse à l'organisation Hatehiah pour avoir un local (33). La préparation de ce baccalauréat doit se faire en quatre ans. Cette école où la première année, en 1944 – 1945, l'enseignement est dispensé au local de la rue de l'hôpital grec prend le nom d'école «Maïmonide». L'année suivante l'école est transférée au 45, rue Prince Ibrahim dans des locaux restaurés, à l'intérieur de l'enceinte, où avait été construite l'école la Renaissance. Dans ces nouveaux locaux, l'école compte maintenant deux classes, et elle augmente d'une classe chaque année pour atteindre les quatre classes qui conduisent à l'obtention du baccalauréat. Dirigée par M. Léon Romano cette école tient ses promesses.

NOTES

(20)    Bension Taragan, op. cité, p. 83-90.
(21)    Idem, p.106.
(22)    Idem, p.99.
(23)    Idem, p.103.
(24)    Tribune Juive, 2 décembre 1947.
(25)    Maurice Fargeon, op. cité, p. 263
(26)    Maurice Mizrahi, L'Égypte et ses Juifs, Imprimerie Avenir,Genève 1977, p. 240.
(27)    Maurice Fargeon, op. cité, p. 264-265.
(28)    Maurice Fargeon, op. cité, p. 265. Voir aussi : Annuaire des juifs d'Égypte et du Moyen-Orient, Société des Études Historiques Juives d'Égypte, Imprimerie Kawsar, Le Caire 1943, p. 248.
(29)  Maurice Fargeon, op. cité, p. 265.
(30)  Bension Taragan, op. cité, p. 109.
(31)  Israël, le 3 mai 1935. Arié Avigour, École secondaire Maïmonide d'Alexandrie, traduction Jo Chalom, Nahar Misraïm bulletin numéro 45, nouvelle série, p. 9.

 


Situation en Province

 ÉCOLE DE L'ALLIANCE ISRAÉLITE UNIVERSELLE A TANTAH

En 1903, lors de la visite des agents de l'Alliance Israélite, la population juive se plaint d'être obligée d'envoyer ses enfants aux écoles des Jésuites ou des Sœurs. C'est ainsi que le 17 octobre 1905 en présence des autorités, du corps consulaire, des grands rabbins d'Alexandrie et du Caire, que l'école de l'Alliance Israélite Universelle est inaugurée. L'effectif de l'école à toujours été compris entre 220 et 250 élèves. L'école reçoit des enfants de toutes religions. Le directeur jusqu'en 1927 est Monsieur Alcalay, puis de 1928 et jusqu'à la fin, Monsieur Henri Benrey assurera la direction. Rappelons quelques noms sortis de cette école : Félix et Chaoul Benzakein, avocats à Alexandrie ; docteur Sélim Benzakein ophtalmologiste à l'hôpital israélite d'Alexandrie ; docteur Victor Hara, médecin à l'hôpital israélite à Alexandrie ; Élie Farhi, Félix Hamaoui, Maurice Fargeon, du barreau mixte du Caire, etc.

À Port-Saïd une école juive a été construite par la famille Benin. Elle a fonctionné pendant de nombreuses années avec un enseignement essentiellement juif et un effectif d'environ 50 élèves. Mais après l'ouverture du Lycée Français, l'effectif de l'école est allé en décroissant et celle-ci a fermé en 1935. À partir de cette date il reste encore l'école « Zichron Moché » dirigée par le rabbin Jacob Chababo (32). De même à Mansourah on trouve une école : École « Talmud Thora » dirigée par le rabbin Pinhas Cohen (32).

Émile Gabbay.

NOTES

(32)    Dans les années 40,voir : Annuaire des juifs d'Égypte et du Moyen-Orient, Société des Études Historiques Juives d'Égypte, Imprimerie Kawsar, Le Caire 1943, pages 259 et260

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