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17/06/09 - Journées des cultures juives

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Le 17 juin 2009, dans la matinée, notre Association participant aux Journées des Cultures Juives (thème général : l'Amérique) a présenté « les juifs d'Égypte dans le Nouveau Monde »

Les juifs d'Égypte (particulièrement du Caire) contrairement à ceux d'autres pays, ne se divisent pas en ashkénazes et séfarades, mais plutôt en caraïtes et rabbanites. Nous avons choisi, pour ces deux communautés, de présenter la communauté caraïte de San Francisco, entièrement originaire d'Égypte, à travers le film de Mireille Cohen et Vladimir Eli, puis grâce à Carole Naggar qui vit à New York d'apporter un aperçu de la dispersion des 6000 juifs rabbanites d'Égypte arrivés aux États-Unis dans les années 50-60. C'est grâce au travail de Mireille Cohen, Vladimir Eli et Carole Naggar que cette matinée a été un succès.

LES JUIFS D'ÉGYPTE DANS LE NOUVEAU MONDE.

1- La communauté caraïte.

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Cette très ancienne communauté juive d'Égypte vivait essentiellement à Haret el Yahoud (le quartier juif) au Caire à côté de la communauté rabbanite. Depuis la fin des années 30 les deux communautés sont soumises à la pression des « Frères Musulmans » qui prennent prétexte de la guerre en Palestine pour s'attaquer régulièrement au quartier, sans être inquiétés par les autorités. Le 20 juin 1948, il y a 34 morts et près de 80 blessés dans les deux communautés. Ces premiers incidents puis surtout ceux de 1956 incitent les membres des deux communautés au départ.

Avant 1956 la communauté avait perdu 10 % de ses membres, et entre octobre 1956 et mars 1957 elle en perd plus de 40 % ; en 1959 on trouve une communauté de moins de 2000 membres ; après 1967 il subsiste environ 300 personnes, puis en 1984 environ 24. La plus grande partie de la communauté a émigré en Israël, mais environ 1400 personnes ont émigré aux Etats-Unis, dont 800 à San Francisco, 150 à New York, 150 à Boston, 150 à Chicago.

Le film présenté par Mireille Cohen et Vladimir Eli a été tourné il y a quelques années à San Francisco où 800 membres venus du Caire se sont regroupés, et nous voyons comment cette communauté a réussi le maintien des traditions pour la génération née en Égypte, l'accueil qui leur a été fait par la congrégation rabbanite libérale de la ville, et la difficulté pour la jeune génération à poursuivre la tradition. Le film passe tour à tour de la synagogue aux familles qui racontent leur périple et nous vivons avec eux cette aventure qui a conduit cette communauté antique, deux fois millénaire, d'Égypte en Californie.

2- La communauté rabbanite.

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Carole Naggar nous rappelle que dans les années cinquante et soixante, sur une communauté de 80.000 personnes environ, 30.000 Juifs d'Égypte partent pour Israël, tandis que le reste d'entre eux se répartissait entre l'Europe et le Nouveau Monde. Parmi ceux-ci on en compte 6000 aux États-Unis, 3000 environ au Canada, 9000 au Brésil et 1000 environ en Argentine. Cette conférence porte uniquement sur les États-Unis et le Canada. C'est grâce à quelques ouvrages et revues historiques et surtout par des entretiens téléphoniques avec plusieurs personnes établies aux États-Unis et au Canada que Carole a pu réaliser cet exposé que nous espérons publier bientôt intégralement sur notre site internet.

À New York il existe un clivage économique et social entre les juifs d'Égypte établis à Manhattan et ceux qui vivent à Brooklyn, tel que le constate le Dr Menahem Yousef Mizrahi, auteur de "I dreamt of Egypt". On peut aussi voir un clivage entre les Juifs originaires d'Alexandrie, plus tournés vers la langue française, comme André Aciman, et les Juifs du Caire comme Désiré Sakkal, qui tentent de transmettre à leurs enfants la tradition judéo-arabe (musique, danse, chansons, proverbes, nourriture "le manger"...etc.). Au Canada, la classe moyenne, autour d'Irène Buenavida qui a fondé en 2002 la première association de Juifs d'Égypte à Montréal, cherche à réhabiliter et perpétuer l'héritage culturel des Juifs d'Égypte, comme le font à New York l'American Sephardi House et d'autres associations.

Enfin un groupe international, sous l'égide de Justice For Jews in Arab Countries et The World Organization for Jews of Arab Countries conduit des campagnes actives pour s'assurer que les juifs expulsés des pays arabes avant ou après la création de l'État d'Israël recevront des compensations comme partie des futures négociations pour la paix entre Israël et les pays arabes.

Dans tous les groupes, la préoccupation est celle de se situer entre héritage et transmission, d'équilibrer nostalgie et construction de l'avenir. Tout comme en France les exilés de la première génération pensent que les traditions ne se conserveront pas et que, comme dans d'autres groupes d'émigrants, la deuxième génération sera largement américanisée et ne verra plus l'Égypte comme le rêvent leurs parents.

Emile Gabbay

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