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11/02/12 - Simon Epstein

Le 11 Février 2011, nous avons eu le grand plaisir d'accueillir M. Simon Epstein venu nous entretenir de son dernier livre "1930 – Une année dans l'histoire du peuple Juif".
Economiste et historien, Simon Epstein est l'auteur de nombreux ouvrages. Citons au passage :
"Un paradoxe français. Antiracistes dans la collaboration, antisémites dans la résistance"
"Histoire du peuple juif au XXème siècle"
"Les Dreyfusards sous l'occupation" etc.
epstein-IMG 7125x200Mais pourquoi 1930 ? Simplement parce qu'à cette date, pour les esprits avertis, ont sent déjà poindre à l'horizon les prémices du cataclysme qui surviendra. On pressent que le feu de l'antisémitisme qui couve sous la cendre est prêt à se rallumer. Mais qui en cette année est capable de déceler l'orage qui ne gronde pas encore ?
Pour bien analyser la situation de l'époque avec le recul dont nous disposons aujourd'hui, il convient bien évidemment de faire abstraction de tout ce que nous savons des événements qui se sont déroulés par la suite.
En 1930, en Egypte, Jacques El MALEH publie dans un journal sioniste "L'Aurore" un article remarqué dans lequel il s'inquiète de la propulsion au 2ème rang du parti National Socialiste en Allemagne.
En effet ce parti raciste et antisémite crédité de 2,6 % de voix en 1928, passe à plus de 18 % lors des élections du 14 septembre 1930. El MALEH ne s'embarrasse pas de circonvolutions allusives, bien au contraire, son article est direct. Il écrit : Nous nous battrons contre cette pieuvre hideuse.
Le Völkisher Beobachter journal du parti nazi, citant son article, s'en prend violemment à El MALEH et en réponse écrit : "les juifs veulent affamer l'Allemagne".

On se souviendra que 1930 est aussi l'année ou les pays d'émigration habituels : L'Argentine, l'Australie, le Canada, l'Afrique du Sud, etc. ferment tour à tour leurs portes.
Comble de l'adversité, c'est aussi à ce moment qu'éclatent les premiers affrontements entre juifs et arabes de Palestine.
La réponse des Autorités britanniques, qui ont reçu mandat d'administrer le pays, ne se fait pas attendre. Pour mettre fin aux manifestations des Arabes et leur donner satisfaction, la solution retenue est simplement l'arrêt de toute Alya (immigration des juifs en Palestine).
Ainsi, le piège- surtout pour les juifs d'Europe- se met graduellement en place comme un nœud coulant.
Pourtant, dans plusieurs pays d'Europe les élites juives et les presses locales bien implantées publient de nombreux articles. On notera que rien qu'en Pologne on dispose de 20 périodiques juifs !
L'information est donc relayée et franchit les frontières. En 1930, le peuple juif est informé et solidaire. Il se sent appartenir à une communauté unie par des liens forts. Cette appartenance collective est particulièrement vivace en Union Soviétique et en Pologne. Dès qu'un pogrom éclate, c'est l'ensemble du Judaïsme qui en est informé, et cherche à panser les plaies ouvertes par les émeutiers antisémites.

Le cas de l'URSS : Il est un peu particulier car les autorités cherchent à étouffer toutes les religions.
Des synagogues seront donc fermées au même titre que des églises.
Lorsque, comme un coup de tonnerre, on prétendra qu'un groupe de rabbins a fomenté un complot impérialiste antisoviétique, on procèdera à l'arrestation de plusieurs d'entre eux. Cette incarcération donnera lieu à ........ New York à des manifestations de soutien en faveur des détenus.

On observera cependant qu'une partie des juifs d'Union Soviétique est affiliée à la section juive du parti communiste de l'URSS et qu'elle prendra position pour le pouvoir accusateur. Ceci se traduira par la condamnation du comportement de ceux qui ne militent pas en faveur de l'édification de la patrie socialiste. Ainsi on verra de nombreux adeptes de cette mouvance apporter en offrande des Ménoroth (Chandelier à 7 branches symbole du peuple juif) confisquées dans les synagogues pour servir à l'édification de l'économie du pays.
Comble du paradoxe, cette section juive sera par la suite dissoute et ses principaux dirigeants fusillés. Ainsi, Le régime soviétique évoluera souvent en "dents de scies", adulant un jour ce que l'on a abhorré la veille.
L'instauration du régime socialiste en Union Soviétique aura aussi quelques conséquences heureuses.
Les juifs seront admis dans les universités sans discrimination, et de vastes régions autonomes juives seront autorisées à utiliser le Yiddish comme langue officielle. Elle sera enseignée dans les écoles, et de nombreux journaux pourront l'adopter.

La situation en Pologne : Dans cet état où la population juive s'élève à 3 millions d'âmes (soit environ 10% de la population du pays), on notera que l'année 1930 a été relativement calme. Peu d'actes antisémites sont signalés. Mais subitement, un problème surgit à la Faculté de Médecine : On accuse la communauté juive de ne jamais fournir de cadavres pour les travaux de dissection, et pourtant, les étudiants juifs n'en dissèquent pas moins les corps de goyims !
En 1930, des élections ont lieu dans le pays. Les juifs qui ont formé des partis autonomes y participent. La répartition géographique de la population juive sur le territoire n'est pas homogène.
Une grande partie de celle-ci est urbanisée, les grandes villes comportent de ce fait une large proportion de juifs. Ainsi, à Varsovie on compte 30% de juifs. Plusieurs partis présentent des candidats en ordre dispersé : L'Agoudat Israël, Le Bund (parti antisioniste) Le Mizrahi etc.
Le résultat de cette dispersion est que le nombre d'élus juifs est particulièrement modeste eu égard à leur poids démographique. La répartition des votes est la suivante : 70% des électeurs juifs ont voté pour des partis se réclamant du sionisme, et 30% pour les partis religieux ou antisionistes tel que le Bund. A chaque nouvelle consultation électorale, ce seront les partis sionistes qui remporteront le plus de suffrages. Ainsi, le sionisme sera l'idéologie dominante du peuple juif en Pologne.

Cas de la Roumanie : Dans ce pays, c'est un antisémitisme endémique et virulent qui domine la scène. Ainsi, lors d'une élection partielle, ce sera un antisémite notoire qui sera élu, entraînant des actes de vandalisme et de harcèlement caractérisés qui resteront impunis. L'exemple le plus frappant sera celui d'un car affrété par des voyous d'extrême droite qui, lors de la traversée d'une bourgade juive, se livreront à des exactions. Appelés en renfort, des juifs d'un village voisin accourront pour soutenir leurs frères mais seront arrêtés par......la police venue prêter assistance aux émeutiers !
Cet incident donnera lieu à des protestations dans plusieurs villes européennes dont Paris.
On prendra ainsi conscience de la responsabilité de la "La garde de Fer" qui incite les paysans à s'en prendre aux juifs. La situation économique désastreuse du pays vient accentuer l'animosité de la classe paysanne à l'égard de la population juive. En effet, les juifs occupent une place particulière dans le pays : médecins, avocats, banquiers etc. A ce titre, ils ont vis-à-vis des paysans une relation de fournisseurs de services. Avec la crise économique on assistera à l'effondrement des cours, (conséquence de la dépression de 1929) et les paysans ne pourront plus rembourser des dettes contractées auprès des juifs, ni payer leur avocat ou leur médecin. Cette situation tragique trouvera un exutoire dans de nombreux pogroms qui vont se succéder.
Ces désordres auront des conséquences. Les députés juifs élus au sein de partis intrinsèquement polonais, ou juifs, interpelleront le gouvernement pour attirer son attention sur ses responsabilités.
De nombreuses protestations s'élèveront en France à l'appel de la LICA, et aux Etats Unis de la part d'organisations juives influentes. Malheureusement, les protestations n'arrêteront pas les pogroms.

La situation en Palestine : Les séquelles des affrontements de 1929 sont bien présentes. Des bateaux apportent via Haïfa des armes destinées aussi bien aux arabes qu'aux juifs.
A l'époque, le MapaÏ est le parti politique le plus influent du Yichouv. Ses dirigeants s'inquiètent de voir les Autorités britanniques mettre tout en œuvre pour stopper l'immigration juive.
Deux commissions sont alors nommées pour proposer des solutions. Elles aboutissent aux mêmes conclusions :
1- Il faut arrêter l'immigration car le pays est au bord de la saturation.
2-Il est indispensable de calmer les appréhensions des arabes.
Aussi, à partir du mois de mai 1930, on ne délivre plus de certificats d'immigration.

Dès la promulgation de ce décret, ce sont des manifestations monstres qui se déroulent dans tout le pays, et la rhétorique qui enfle de part et d'autre.
- "Nous avons survécu aux égyptiens, aux grecs, aux romains, à l'inquisition et à bien d'autres.
Ce n'est pas l'Empire Britannique qui nous anéantira. La Grande Bretagne règne certes sur les océans, mais ce sont des océans de larmes ! Si l'Empire Britannique croit nous dominer, eh bien, nous sommes prêts à relever le défi."

Au même moment, des manifestations contre l'Angleterre sont signalées dans plusieurs pays :
En France, aux Etats-Unis, en Pologne. Dans ce pays, où le pourcentage de population juive est très important, une grande manifestation se déroule Place Boukhanov à Varsovie. Une foule immense constituée d'hommes, de femme, de jeunes et de vieux clame :
-  "Nous ne sommes pas encore un peuple libre, mais le soleil d'Israël éclaire notre manifestation".

Fait inhabituel et tout à fait exceptionnel, même les juifs sujets britanniques se déclareront indignés par les décisions prises par le Gouvernement de Sa Majesté. Ce sera la première fois dans l'histoire du judaïsme anglais qui en tant que communauté élève une protestation contre les autorités.
Les Juifs anglais seront du reste accusés de double allégeance.
Malgré tout ce tumulte, ou peut-être à cause de celui-ci, des négociations secrètes s'amorceront entre les Autorités du mandat et le Yishouv. Elles se concluront par une nouvelle mais timide reprise de l'immigration.

La situation en Allemagne : Le parti nazi qui avait obtenu tout juste 2,6 % des voix en 1928, fera un bond considérable en remportant 18 % des suffrages lors des élections du 14 septembre 1930.
Comment le judaïsme allemand a-t-il réagi à ces événements ?
A cette date, on compte environ 600 000 juifs dans le pays. Deux courants les départagent :

1] Les tenants légalistes du mouvement de la défense qui prônent une poursuite systématique de tous les meneurs nazis, et une bataille contre toute la presse d'extrême droite. A cet effet, un groupement d'environ 400 juristes volontaires mèneront un combat juridique contre ces médias à la solde du parti national-socialiste.

La lutte ne se limitera pas aux aspects précités. Des tracts seront distribués et des affiches seront diffusées présentant le nazisme comme un danger non seulement pour les juifs mais aussi pour l'Allemagne elle-même. Les enseignants et les journalistes ainsi que d'autres corporations, eu égard à leur influence dans la société, seront l'objet d'une attention particulière. On cherchera à les convaincre du danger que présente pour toute la société allemande le NSDAP, parti raciste.
Bien qu'à cette date, le parti d'Adolf Hitler soit encore largement minoritaire, les Juifs qui ont décidé de se battre ont bien senti le danger qui guette le pays. Ils seront environ 70 000 à adhérer au mouvement de la lutte "légale".

2] Les tenants d'une approche plus radicale : Ceux-ci analysent différemment la situation. Durant la guerre de 1914-1918, de nombreux juifs étaient mobilisés, parmi lesquels un grand nombre d'officiers. Démobilisés après l'armistice au même titre que les autres soldats, ils se voient subitement accusés d'être responsables de la défaite allemande. Entre 1919 et 1920, ils constituent des mouvements de défense dans toute l'Allemagne. En tant qu'anciens hommes de troupe, ils sont aguerris et savent se battre. Une autre association parallèle décide à son tour de former des groupes d'autodéfense pour protéger les synagogues. Cette mobilisation de la communauté juive devrait logiquement suffire à contenir le péril nazi. En effet, à cette date, (1920) le parti national-socialiste est comme nous l'avons vu, une organisation insignifiante. Les S.A. d'Ernst Röhm forment une petite troupe ridicule. Ils sont donc particulièrement minoritaires comparés aux associations juives. Et de surcroit, le chef de la police de Berlin est....Juif ! La police est donc intègre et indépendante.

Du côté des fauteurs de troubles, c'est Goebbels, l'ignoble futur ministre de la propagande du Reich qui est le plus virulent lors des réunions de petits groupuscules, tandis qu'Hitler, estimant que le moment n'est pas encore venu, veut par tactique, modérer ses troupes.
En 1930, lors d'un grand meeting juif, ses organisateurs proclament que si les nazis persistent à perpétrer leurs agressions, on leur " cassera les reins ". Et pour bien montrer leur détermination, les orateurs présents inaugurent leurs discours par un appel énergique à la résistance en hébreu :
"Hazak". La suite des exposés étant par la suite faite en allemand.

A cette époque, le gouvernement allemand est constitué d'une coalition à laquelle participent les socialistes et le parti chrétien-catholique. La montée inquiétante du chômage entraînera la dislocation de la coalition, les deux partis ne parvenant pas à s'entendre sur des objectifs prioritaires.

Parallèlement à cette situation, les juifs poursuivent leur combat contre les nazis. A cet effet, une grande collecte est organisée pour aider tous les partis qui se déclarent opposés au NSDAP. L'objectif est de convaincre les électeurs que combattre le nazisme est dans l'intérêt de l'Allemagne.
A cet effet, de nombreux articles sont publiés dans les principaux journaux, des tracts et des affiches sont diffusés largua-manu. Des images saisissantes sont utilisées pour attirer l'attention des lecteurs.
Ainsi dans une séquence on voit une foule d'admirateurs du NSDAP (Le parti nazi) caracoler en liesse avec oriflammes virevoltant au vent........suivie d'une scène où tout n'est que ruines.
  Une autre image montre un SA (milicien appartenant aux troupes de choc d'Ernst Röhm) piétinepstein-IMG 7141x200ant une victime à terre.
Le brusque accroissementepstein-IMG 7139x200 des électeurs pronazis sera aussi perçu comme préoccupant même hors d'Allemagne.
A l'assemblée nationale à Paris, des députés ironisent : Ça y est, les allemands reviennent !
En réalité, personne n'est vraiment inquiet, et le ministre de la défense déclare :
" Nous ne voulons pas la guerre, mais nous ne la craignons pas ! "
L'inquiétude des juifs du monde entier est vive, et certains n'hésitent pas à entrevoir un avenir sombre pour leurs frères d'Allemagne. Ça y est entend-t-on dire : Le peuple juif renoue avec son tragique destin !
Paradoxalement, les juifs affiliés au parti communiste saluent le résultat de ces élections comme.....une victoire ! Simplement parce que comme le NSDAP, le parti communiste allemand a aussi gagné des voix !
Pour les sionistes allemands, la preuve est faite. On ne peut pas arrêter l'antisémitisme.
La communauté juive a dépensé 2 millions de Marks-or pour contrer l'influence des nazis, ce qui ne les a pas empêchés de récolter plus de 18% des suffrages. Désabusés, les juifs non sionistes, estiment au contraire que lors de prochaines élections, il faudra prévoir une campagne alimentée par bien plus que 2 millions de Marks-or.
Alors que le nombre de Juifs allemands ne peut évoluer et se limite toujours à 1 % de la population, à toutes les élections locales, les nazis engrangent de plus en plus de voix. Il devient dés lors évident que le rapport des forces s'inverse inexorablement en faveur des nazis.
Durant les années qui ont suivi la prise du pouvoir par le parti d'Hitler et même après la fin de la guerre, l'idée que les juifs allemands ne se sont pas défendus et n'ont pas su évaluer le danger qui se profilait à l'horizon a été très répandue. Pourtant, il convient d'analyser la situation avec rigueur pour se rendre compte de l'inexactitude de ce crédo.
En effet, dès 1933 le monde juif se mobilise. C'est la première fois dans l'histoire, qu'un pays et son gouvernement se déclarent ouvertement antisémites. Le choc ressenti par les communautés juives de par le monde est considérable car rien n'empêche les autres pays d'être un jour contaminés à leur tour.
La France où le souvenir de l'affaire Dreyfus est encore vivace, les Etats-Unis où sévit au grand jour le Ku Klux Klan pourraient bien à leur tour basculer. Plusieurs organisations prendront position contre le régime nazi, mais il sera reproché aux juifs allemands leur passivité et certains diront même leur lâcheté. Ce mythe va se développer et perdurer, et de nombreuses voix se feront entendre affirmant que les juifs sont en partie responsables de leur sort.
Comment expliquer cette interprétation superficielle ? Plusieurs facteurs se conjuguent pour conforter cette croyance.
● Une partie de la population allemande assimile les juifs à une classe de privilégiés. Dans leur esprit, les juifs occupent des positions enviables, ils sont avocats, médecins, banquiers gros commerçants etc. et on se persuade qu'ils font partie de la grosse bourgeoisie et donc proches de la droite qui est au pouvoir.
● Les juifs religieux considèrent pour leur part que le peuple juif s'est détourné de la religion....et qu'il s'agit là d'une punition divine et méritée !
● Autre interprétation, selon l'adage bien connu, "Il n'y a pas de fumée sans feu" et si Hitler en veut aux juifs, c'est qu'il y a certainement de bonnes raisons.
● Il est fréquent que l'on attribue à une victime, une part de responsabilité dans son malheur.
Dans plusieurs pays, les juifs s'organisent et décident de déposer plainte chaque fois qu'un antisémite tentera de s'imposer. Pour les juifs allemands, c'est le pessimisme qui l'emporte.
- "Quelle que soit notre ardeur à nous défendre et nous battre, nous aurons systématiquement le dessous, car comment lutter contre un parti qui a 18 % de sympathisants ? La faiblesse du peuple juif est due à sa dispersion."
A l'inverse, les juifs résidant dans les pays démocratiques, en France, au Royaume Uni et aux Etats-Unis se disent prêts à relever un tel défi, et comme corollaire, ils estiment en revanche que les juifs allemands n'ont pas su ou pas voulu s'organiser en conséquence.
Cette appréciation de la situation corrobore les diverses interprétations qui ont eu cours à cet égard.
Ainsi de nombreux historiens sont persuadés du mythe de la prétendue inconscience des Juifs allemands concernant le danger que présentait pour leur communauté, l'arrivée au pouvoir du NSDAP.
Cette interprétation est contredite par une analyse rigoureuse des faits relatifs à cette époque.
Sentant venir le danger, les dirigeants juifs ont brûlé toutes les archives compromettantes risquant de tomber entre les mains des nazis, ne laissant subsister que des archives anodines.
Près de 65 000 juifs quitteront l'Allemagne, dont environ 35 000 seront admis en France....mais ils apprendront qu'il ne s'agit là que d'un accueil provisoire. En définitive on tolèrera la présence de
17 000 réfugiés juifs allemands sur le sol français et on intimera l'ordre aux autres, de quitter le territoire. Mais où aller ? Certains tenteront leur chance au Brésil, en Argentine, en Chine ou encore en Palestine, mais une partie de ces réfugiés sera contrainte de ....retourner en Allemagne !
De nombreux juifs de Pologne, d'Autriche et d'Union Soviétique sentant eux aussi venir le danger, chercheront à quitter leur pays d'origine mais ils n'y parviendront pas, trouvant malheureusement
porte close. Ce sera principalement le cas pour le Canada, l'Australie et les Etats-Unis.

epstein-IMG 7152x200L'exposé fort dense de M. Epstein a été suivi avec grande attention par une assistance passionnée par son récit et ce n'est que le manque de temps (la salle devant être restituée à 18 heures) qui a interrompu cette brillante conférence. L'antisémitisme étant un sujet inépuisable, Simon Epstein a quand même pu répondre à quelques questions.
Question : Comment expliquer le succès irrésistible du parti d'Hitler ?
Réponse : Hitler était un stratège habile. Compte tenu de la situation qui prévalait à l'époque en Allemagne, il s'est ingénié à rendre les juifs responsables du chômage, de la dévaluation du Mark, et même de la défaite de la guerre 14-18. A cela il faut ajouter le comportement aberrant du parti communiste allemand et même d'une petite fraction de l'élite juive qui était persuadée de pouvoir gagner par des moyens légaux.
Question : Pourquoi le gouvernement israélien ne lutte-t-il pas plus efficacement contre des comportements antisémites que l'on observe dans divers pays arabes.
Réponse : Deux facteurs sont à signaler. D'une part l'Etat d'Israël dispose de peu de moyens pour intervenir à ce niveau. D'autre part, pour certains gouvernements arabes, c'est un moyen simple de détourner l'attention du peuple sur un bouc émissaire. Enfin, une petite partie de la population arabe se déclare antisioniste mais pas antisémite.

 

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